Le parc paysager, en mai 2024.
© Victor & Simon / Grégoire d'Ablon
Le parc paysager
Visitez le parc paysager avec Bas Smets
Plongez dans l’histoire et la conception du parc paysager de LUMA Arles grâce à trois balades sonores guidées par Bas Smets, architecte de paysage.
Ces parcours audio, à écouter directement depuis votre smartphone, vous invitent à découvrir le parc autrement, en retraçant les étapes de sa transformation.
Un lieu de promenade et de loisirs
Le parc public de LUMA Arles, qui s’étend sur 4 hectares, est le plus grand de la ville d’Arles.
Il a été conçu en intégrant plus de 80 000 arbres, arbustes et plantes provenant des trois biotopes voisins : la Camargue, la Crau et les Alpilles.
Le parc paysager accueille également des œuvres et des sculptures créées par des artistes :
- OooOoO, un skate-park phosphorescent, conçu par l’artiste KOO JEONG A
- Krauses Gekröse, une sculpture de 13 mètres de haut de l’artiste Franz West
- Seven Sliding Doors Corridor (Outdoor Version), une installation de l’artiste Carsten Höller
- MEMORY, un sol en mosaïque monumental, créé par l’artiste Kerstin Brätsch
- Les sculptures Orientation Platforms, réalisées par l’artiste Liam Gillick
- Membrane, une structure mécanique en forme de tour, conçue par l’artiste Philippe Parreno

Depuis les airs, une partie du parc paysager dévoile des œuvres et installations d'artistes.
À gauche, les structures roses et vertes Orientation Platforms, signées par l’artiste Liam Gillick.
Sur la droite, en bordure de l’étang, l’œuvre Seven Sliding Doors Corridor (Outdoor Version) de Carsten Höller.
Photo : © Adrian Deweerdt
D'une nécropole romaine à un parc paysager
Le site du Parc des Ateliers s’inscrit dans une histoire longue, marquée par plusieurs phases de transformation. De l’Antiquité à l’époque contemporaine, ses usages successifs ont profondément façonné son organisation et son paysage.
Son évolution se lit en quatre périodes : la nécropole romaine, le complexe ferroviaire du XIXᵉ siècle, la friche industrielle après la fermeture des ateliers SNCF, puis la transformation engagée avec l’arrivée de LUMA Arles.
Au temps de la nécropole romaine
Dès la fin du Ier siècle avant Jésus-Christ, les Romains érigent tombeaux et mausolées hors les remparts d’Arelate, comme le prescrit la loi romaine. La nécropole des Alyscamps (« Champs-Elysées ») s’étend progressivement le long de la Via Aurelia, jusqu’à devenir l’un des plus vastes cimetières de la province impériale.
Devenue chrétienne à partir du IIIe siècle, la nécropole continue de se développer.
Au Moyen Âge, les Alyscamps sont considérés comme une terre sainte et deviennent une étape du pèlerinage vers Compostelle. Le site perd son prestige à partir du XVe siècle mais reste utilisé de manière résiduelle comme cimetière jusqu’en 1776.
La construction du Parc des Ateliers et son déclin en friche industrielle
Au milieu du XIXᵉ siècle, une partie de la nécropole est détruite afin de permettre la construction d’un vaste complexe ferroviaire. La colline est arasée, le terrain nivelé puis en grande partie recouvert d’une dalle de béton. Les ateliers sont édifiés au terme d’un chantier d’envergure qui s’étend sur plus de dix ans.
Intégrée à la ligne reliant Paris à la Méditerranée, Arles s’inscrit alors pleinement dans le développement industriel du territoire. Le complexe de la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) constitue, pendant près d’un siècle et demi, un important pôle économique, employant jusqu’à 1 800 personnes à son apogée. La crise de 1929 marque un premier ralentissement, suivi d’un déclin progressif lié aux évolutions technologiques du transport ferroviaire. Les ateliers ferment définitivement en 1984.
Après leur fermeture, le site connaît une période d’abandon et de dégradation. Fragilisé par le temps et plusieurs incendies, il devient progressivement une friche industrielle, jusqu’à l’émergence des premiers projets de réhabilitation.

L'Église Saint-Honorat aujourd'hui, située au cœur de la nécropole antique des Alyscamps.
Photo : © Victor & Simon / Victor Picon
Un nouvel horizon pour le Parc des Ateliers
Le lancement de LUMA Arles et la construction du parc paysager
À l’automne 2007, Maja Hoffmann annonce un projet ambitieux qui vise à transformer le Parc des Ateliers en campus culturel d’un nouveau type. Elle choisit l’architecte Frank Gehry pour concevoir La Tour.
Elle confie à un jeune architecte paysagiste belge la conception et la réalisation d’un parc-jardin. Bas Smets, né en 1975, vient de fonder son agence à Bruxelles.
Il découvre Arles en 2009. Suivront des années de réflexions et d’échanges pour finaliser un projet, dont les étapes successives seront présentées aux Arlésiens.
En 2017, les premiers essais démarrent.

Premiers essais du parc paysager au Parc des Ateliers, à l'été 2017.
Sous la direction de l'architecte de paysage Bas Smets, cette phase expérimentale visait à tester la résistance des plantations, arbres, sols et végétaux, aux conditions climatiques arlésiennes.
Photo : © Victor & Simon / Victor Picon
« Le site est unique, nous n’avons pas de modèle à suivre, nous sommes toujours dans l’expérimentation. C’est ce que voulait Maja Hoffmann au départ : créer un micro-climat et expérimenter la cohabitation entre végétaux, animaux et humains. Mais aussi la cohabitation entre des usages différents : la visite d’expositions, la simple promenade en famille, les jeux d’enfants, etc. »
Bas Smets (Arles Magazine #6, hiver 2022-2023)
La transformation d'une dalle de béton en un parc paysager
Le défi était de taille : comment transformer une immense dalle de béton stérile en un parc verdoyant ?
Créer un écosystème plutôt qu’un simple jardin
Pour chaque projet, Bas Smets commence par étudier le sol et le terrain. Il s’interroge sur l’évolution du paysage : comment il était dans le passé, et quel pourrait être le paysage caché sous celui qu’on voit aujourd’hui ?
Dans le cas du parc paysager de LUMA Arles, il cherche à comprendre les processus qui influenceront l’environnement : où le sable pourrait s’accumuler, quelles plantes pourraient se développer, ou encore où le mistral pourrait créer un étang.
Il a commencé par étudier la végétation urbaine, la “boucle d’arbres” des boulevards arlésiens. Puis il a analysé comment le soleil, le vent, la terre ont façonné les paysages des environs: les Alpilles, la Camargue, la Crau.
À partir de ces paramètres, Bas Smets et son équipe ont modélisé l’action de la nature pour imaginer comment faire apparaître un paysage sur la dalle du Parc des Ateliers.
La terre extraite pour creuser les fondations de La Tour a été utilisée pour créer des collines, dont la forme a été conçue en fonction de l’action du vent.
Enfin est venu le temps de planter arbres, arbustes, plantes. Les variétés et les emplacements ont été choisis en anticipant l’évolution naturelle et en imaginant le site dans cent ans ou dans mille ans.

À l’été 2018, avant la métamorphose d'une partie du site en parc paysager, la dalle de béton recouvrant l’ancienne nécropole des Alyscamps dominait encore le paysage du Parc des Ateliers.
Photo : © Victor & Simon
Un parc inspiré par la Camargue, la Crau et les Alpilles
Pour concevoir le parc paysager de LUMA Arles, Bas Smets s’est inspiré des trois paysages uniques qui entourent la ville : le delta de la Camargue, le massif des Alpilles et la steppe de la Crau.
Chacun de ces biotopes se retrouve dans la géographie du parc paysager, des courbes au choix des essences. Plus de cinq cents arbres ont été plantés : pins parasols, chênes verts, arbousiers, érables, peupliers blancs, saules, aulnes, micocouliers, etc.
La subtile répartition des espaces entre collines et étang, a été pensée pour toutes les saisons.
En concentrant les trois biotopes de la région, le parc paysager invente en accéléré un nouveau paysage hybride et compressé. Une création humaine inspirée et portée par son environnement, dans le respect des lois de la nature.
L’étang, un outil climatique pour le parc paysager
La croissance de la végétation du parc paysager est rendue possible par un système de circulation d’eau durable qui puise sa source dans le Canal de Craponne, construit entre la Durance et le Rhône au XVIᵉ siècle pour favoriser l’agriculture, et situé à proximité du Parc des Ateliers.
Gentilhomme de la Renaissance, Adam de Craponne (1526-1576) a conçu le canal qui porte son nom pour irriguer les terres agricoles du Pays d’Arles avec l’eau de la Durance. Aujourd'hui, son dispositif alimente la végétation du parc paysager de LUMA Arles et l’étang.
Cette pièce d’eau de 2 500 m² sert de réservoir pour l'irrigation, mais aussi de climatisation naturelle. L’évaporation naturelle refroidit l'air ambiant. La brise se rafraîchit en passant au-dessus de l’étang.
Le microclimat ainsi créé a provoqué le retour rapide du monde animal dans le parc : des grenouilles aux oiseaux migrateurs, en passant par les abeilles. Les chercheurs de la station biologique de la Tour du Valat sont chargés de suivre l'évolution de la biodiversité sur le site.

Les Marais du Vigueirat, en Camargue.
Photo : © Joana Luz / Victor Picon

L'étang du Parc des Ateliers.
Photo : © Adrian Deweerdt
Informations et chiffres clés du parc paysager
Accueillant, vert, vivant : ce nouveau parc public est le fruit de plusieurs années de travaux portés par LUMA Arles et la collectivité.
Quelques repères chiffrés permettent de mieux comprendre l’ampleur du projet.
Période des travaux
2017 - 2021
Superficie du parc :
41 800 m²
Superficie de l'étang :
2 500 m²
Plus de 80 000
plantes et arbustes
Prix et distinctions du parc paysager de LUMA Arles
En 2021, le parc paysager a été nominé dans la catégorie "Espaces publics et paysagers" de l’Équerre d’argent, un prix d’architecture.
En 2024, le parc paysager a reçu le Grand Prix du Jury 2024 lors des Victoires du Paysage, un événement organisé par Valhor, l’organisation interprofessionnelle de l'horticulture.
En 2025, le parc paysager s’est illustré sur la scène européenne du paysage et du végétal urbain en remportant la médaille d’argent aux Green Cities Europe Awards. Sélectionné par un jury international d’experts, le parc a été distingué pour la qualité de sa conception paysagère, son impact environnemental et sa contribution à des espaces urbains plus résilients, inclusifs et agréables à vivre.

Un visiteur à l'ombre d'un pin parasol (Pinus pinea).
Photo : © Adrian Deweerdt
Le parc paysager en images


En savoir plus sur Bas Smets, l'architecte de paysage
« Planter des arbres, c’est croire au futur »
Citation de Bas Smets, lors d'un entretien avec Maja Hoffmann, en 2021

Bas Smets dans le parc paysager, à LUMA Arles, en 2021.
Photo : © Adrian Deweerdt
Bas Smets, né en 1975 en Belgique, est un architecte paysagiste dont le parcours multidisciplinaire a nourri son approche singulière de la création d’espaces urbains innovants et durables.
En 2007, il fonde son agence à Bruxelles et a depuis réalisé plus de 50 projets à l’international, parmi lesquels le Parc des Ateliers de LUMA Arles à Arles, le Parc Tour et Taxis à Bruxelles, le Sunken Garden à Londres et l’aménagement du front de mer de Himarë en Albanie. En 2022, il remporte le prestigieux concours international pour le réaménagement de l’espace public autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Son travail se distingue par son concept de « paysages augmentés », une approche qui mobilise les processus naturels pour générer de nouveaux microclimats. Convaincu de l’importance de l’interdisciplinarité pour une conception inventive, il collabore régulièrement avec des artistes et des scientifiques.
En 2023, Bas Smets est nommé professeur à la Graduate School of Design de la Harvard University, où il poursuit ses recherches sur la transformation des environnements urbains en écosystèmes capables d’atténuer les effets du changement climatique. Sa pratique visionnaire de l’architecture du paysage ouvre de nouvelles perspectives prometteuses pour l’adaptation résiliente des villes face aux défis de la crise climatique.