Ouvert |
Ouvert de
Fermé aujourd'hui
Billetterie
Mes favoris
240525-LUMA-HISTOIREENVIRONNEMENTALE-VICTOR&SIMON-GRÉGOIREDABLON-28 - Large-1
Crédits

Le parc paysager, en mai 2024.
© Victor & Simon / Grégoire d'Ablon

Le parc paysager

Porté par la vision de Maja Hoffmann, le projet confié à l'architecte de paysage Bas Smets a consisté à transformer une dalle de béton en un paysage vivant. Le résultat est un parc public où ont été plantés près de 500 arbres et des dizaines de milliers de végétaux. Un univers paysager structuré autour d’un étang, conçu pour créer un micro climat naturel.

Visitez le parc paysager avec Bas Smets

Plongez dans l’histoire et la conception du parc paysager de LUMA Arles grâce à trois balades sonores guidées par Bas Smets, architecte de paysage.

Ces parcours audio, à écouter directement depuis votre smartphone, vous invitent à découvrir le parc autrement, en retraçant les étapes de sa transformation.

Un lieu de promenade et de loisirs


Le parc public de LUMA Arles, qui s’étend sur 4 hectares, est le plus grand de la ville d’Arles.

Il a été conçu en intégrant plus de 80 000 arbres, arbustes et plantes provenant des trois biotopes voisins : la Camargue, la Crau et les Alpilles.

Le parc paysager accueille également des œuvres et des sculptures créées par des artistes :

240212-LUMA-DRONE-PARC-ADRIANDEWEERDT-26

Depuis les airs, une partie du parc paysager dévoile des œuvres et installations d'artistes.
À gauche, les structures roses et vertes Orientation Platforms, signées par l’artiste Liam Gillick.
Sur la droite, en bordure de l’étang, l’œuvre Seven Sliding Doors Corridor (Outdoor Version)
de Carsten Höller.
Photo : © Adrian Deweerdt

D'une nécropole romaine à un parc paysager


Le site du Parc des Ateliers s’inscrit dans une histoire longue, marquée par plusieurs phases de transformation. De l’Antiquité à l’époque contemporaine, ses usages successifs ont profondément façonné son organisation et son paysage.

Son évolution se lit en quatre périodes : la nécropole romaine, le complexe ferroviaire du XIXᵉ siècle, la friche industrielle après la fermeture des ateliers SNCF, puis la transformation engagée avec l’arrivée de LUMA Arles.

 

Au temps de la nécropole romaine 

Dès la fin du Ier siècle avant Jésus-Christ, les Romains érigent tombeaux et mausolées hors les remparts d’Arelate, comme le prescrit la loi romaine. La nécropole des Alyscamps (« Champs-Elysées ») s’étend progressivement le long de la Via Aurelia, jusqu’à devenir l’un des plus vastes cimetières de la province impériale.

Devenue chrétienne à partir du IIIe siècle, la nécropole continue de se développer.

Au Moyen Âge, les Alyscamps sont considérés comme une terre sainte et deviennent une étape du pèlerinage vers Compostelle. Le site perd son prestige à partir du XVe siècle mais reste utilisé de manière résiduelle comme cimetière jusqu’en 1776.

La construction du Parc des Ateliers et son déclin en friche industrielle 

Au milieu du XIXᵉ siècle, une partie de la nécropole est détruite afin de permettre la construction d’un vaste complexe ferroviaire. La colline est arasée, le terrain nivelé puis en grande partie recouvert d’une dalle de béton. Les ateliers sont édifiés au terme d’un chantier d’envergure qui s’étend sur plus de dix ans.

Intégrée à la ligne reliant Paris à la Méditerranée, Arles s’inscrit alors pleinement dans le développement industriel du territoire. Le complexe de la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) constitue, pendant près d’un siècle et demi, un important pôle économique, employant jusqu’à 1 800 personnes à son apogée. La crise de 1929 marque un premier ralentissement, suivi d’un déclin progressif lié aux évolutions technologiques du transport ferroviaire. Les ateliers ferment définitivement en 1984.

Après leur fermeture, le site connaît une période d’abandon et de dégradation. Fragilisé par le temps et plusieurs incendies, il devient progressivement une friche industrielle, jusqu’à l’émergence des premiers projets de réhabilitation.

2017-07-07_DIVERSE-4855

L'Église Saint-Honorat aujourd'hui, située au cœur de la nécropole antique des Alyscamps.
Photo : © Victor & Simon / Victor Picon

Un nouvel horizon pour le Parc des Ateliers

Le lancement de LUMA Arles et la construction du parc paysager

À l’automne 2007, Maja Hoffmann annonce un projet ambitieux qui vise à transformer le Parc des Ateliers en campus culturel d’un nouveau type. Elle choisit l’architecte Frank Gehry pour concevoir La Tour.

Elle confie à un jeune architecte paysagiste belge la conception et la réalisation d’un parc-jardin. Bas Smets, né en 1975, vient de fonder son agence à Bruxelles.

Il découvre Arles en 2009. Suivront des années de réflexions et d’échanges pour finaliser un projet, dont les étapes successives seront présentées aux Arlésiens.

En 2017, les premiers essais démarrent.

 

VPIC7053-33

Premiers essais du parc paysager au Parc des Ateliers, à l'été 2017.
Sous la direction de l'architecte de paysage Bas Smets, cette phase expérimentale visait à tester la résistance des plantations, arbres, sols et végétaux, aux conditions climatiques arlésiennes.

Photo : © Victor & Simon / Victor Picon

« Le site est unique, nous n’avons pas de modèle à suivre, nous sommes toujours dans l’expérimentation. C’est ce que voulait Maja Hoffmann au départ : créer un micro-climat et expérimenter la cohabitation entre végétaux, animaux et humains. Mais aussi la cohabitation entre des usages différents : la visite d’expositions, la simple promenade en famille, les jeux d’enfants, etc. »

Bas Smets (Arles Magazine #6, hiver 2022-2023)

La transformation d'une dalle de béton en un parc paysager


Le défi était de taille : comment transformer une immense dalle de béton stérile en un parc verdoyant ?

 

Créer un écosystème plutôt qu’un simple jardin

Pour chaque projet, Bas Smets commence par étudier le sol et le terrain. Il s’interroge sur l’évolution du paysage : comment il était dans le passé, et quel pourrait être le paysage caché sous celui qu’on voit aujourd’hui ?  

Dans le cas du parc paysager de LUMA Arles, il cherche à comprendre les processus qui influenceront l’environnement : où le sable pourrait s’accumuler, quelles plantes pourraient se développer, ou encore où le mistral pourrait créer un étang. 

Il a commencé par étudier la végétation urbaine, la “boucle d’arbres” des boulevards arlésiens. Puis il a analysé comment le soleil, le vent, la terre ont façonné les paysages des environs: les Alpilles, la Camargue, la Crau.

À partir de ces paramètres, Bas Smets et son équipe ont modélisé l’action de la nature pour imaginer comment faire apparaître un paysage sur la dalle du Parc des Ateliers.

La terre extraite pour creuser les fondations de La Tour a été utilisée pour créer des collines, dont la forme a été conçue en fonction de l’action du vent.

Enfin est venu le temps de planter arbres, arbustes, plantes. Les variétés et les emplacements ont été choisis en anticipant l’évolution naturelle et en imaginant le site dans cent ans ou dans mille ans.

 

20180710_LUMA-8214

À l’été 2018, avant la métamorphose d'une partie du site en parc paysager, la dalle de béton recouvrant l’ancienne nécropole des Alyscamps dominait encore le paysage du Parc des Ateliers.
Photo : © Victor & Simon

Un parc inspiré par la Camargue, la Crau et les Alpilles 


Pour concevoir le parc paysager de LUMA Arles, Bas Smets s’est inspiré des trois paysages uniques qui entourent la ville : le delta de la Camargue, le massif des Alpilles et la steppe de la Crau.

Chacun de ces biotopes se retrouve dans la géographie du parc paysager, des courbes au choix des essences. Plus de cinq cents arbres ont été plantés : pins parasols, chênes verts, arbousiers, érables, peupliers blancs, saules, aulnes, micocouliers, etc.

La subtile répartition des espaces entre collines et étang, a été pensée pour toutes les saisons. 

En concentrant les trois biotopes de la région, le parc paysager invente en accéléré un nouveau paysage hybride et compressé. Une création humaine inspirée et portée par son environnement, dans le respect des lois de la nature.


L’étang, un outil climatique pour le parc paysager 

La croissance de la végétation du parc paysager est rendue possible par un système de circulation d’eau durable qui puise sa source dans le Canal de Craponne, construit entre la Durance et le Rhône au XVIᵉ siècle pour favoriser l’agriculture, et situé à proximité du Parc des Ateliers.

Gentilhomme de la Renaissance, Adam de Craponne (1526-1576) a conçu le canal qui porte son nom pour irriguer les terres agricoles du Pays d’Arles avec l’eau de la Durance. Aujourd'hui, son dispositif alimente la végétation du parc paysager de LUMA Arles et l’étang.

Cette pièce d’eau de 2 500 m² sert de réservoir pour l'irrigation, mais aussi de climatisation naturelle. L’évaporation naturelle refroidit l'air ambiant. La brise se rafraîchit en passant au-dessus de l’étang.

Le microclimat ainsi créé a provoqué le retour rapide du monde animal dans le parc : des grenouilles aux oiseaux migrateurs, en passant par les abeilles. Les chercheurs de la station biologique de la Tour du Valat sont chargés de suivre l'évolution de la biodiversité sur le site.

JOANA LUZ_20191112_ATELIER LUMA_MARAIS DU VIGUERAT_UZ_3521Joana Luz

Les Marais du Vigueirat, en Camargue.
Photo : © Joana Luz / Victor Picon

241011-LUMA-PPAYSAGER-ADRIANDEWEERDT-17-Modifier - Large

L'étang du Parc des Ateliers.
Photo : © Adrian Deweerdt

Informations et chiffres clés du parc paysager

Accueillant, vert, vivant : ce nouveau parc public est le fruit de plusieurs années de travaux portés par LUMA Arles et la collectivité.

Quelques repères chiffrés permettent de mieux comprendre l’ampleur du projet.

Période des travaux
2017 - 2021

Superficie du parc :
41 800 m²

Superficie de l'étang :
2 500 m²

Plus de 80 000
plantes et arbustes

Prix et distinctions du parc paysager de LUMA Arles 


En 2021, le parc paysager a été nominé dans la catégorie "Espaces publics et paysagers" de l’Équerre d’argent, un prix d’architecture. 

En 2024, le parc paysager a reçu le Grand Prix du Jury 2024 lors des Victoires du Paysage, un événement organisé par Valhor, l’organisation interprofessionnelle de l'horticulture.

En 2025, le parc paysager s’est illustré sur la scène européenne du paysage et du végétal urbain en remportant la médaille d’argent aux Green Cities Europe Awards. Sélectionné par un jury international d’experts, le parc a été distingué pour la qualité de sa conception paysagère, son impact environnemental et sa contribution à des espaces urbains plus résilients, inclusifs et agréables à vivre.

 

240822-LUMA-VISITEURS-ADRIANDEWEERDT-20

Un visiteur à l'ombre d'un pin parasol (Pinus pinea). 
Photo : © Adrian Deweerdt

Le parc paysager en images

250617-LUMA-DRONE-ADRIANDEWEERDT-79
Crédits
© Adrian Deweerdt
220328-LUMA-PPAYSAGER-SPRING-ADRIANDEWEERDT-10
Crédits
© Adrian Deweerdt
210527-PARCPAYSAGER-ADRIANDEWEERDT-40-Modifier
210602-LUMA-OUVERTURE-IWANBAAN-3283
Crédits
© Iwan Baan
220718-LUMA-PPAYSAGER-ADRIANDEWEERDT-32
Crédits
© Adrian Deweerdt
230424-LUMA-DRONE-ADRIANDEWEERDT-22
Crédits
© Adrian Deweerdt
230417-LUMA-PARCPAYSAGER-ADRIANDEWEERDT-10
Crédits
© Adrian Deweerdt
210818-PPAYSAGER-ADRIANDEWEERDT-46
Crédits
© Adrian Deweerdt
220522-LUMA-PARCPAYSAGER-REMIBENALI-053
Crédits
© Rémi Bénali
220718-LUMA-PPAYSAGER-ADRIANDEWEERDT-33
Crédits
© Adrian Deweerdt

En savoir plus sur Bas Smets, l'architecte de paysage


« Planter des arbres, c’est croire au futur »
Citation de Bas Smets, lors d'un entretien avec Maja Hoffmann, en 2021

210526-PARCPAYSAGER-ADRIANDEWEERDT-87

Bas Smets dans le parc paysager, à LUMA Arles, en 2021.
Photo : © Adrian Deweerdt

Bas Smets, né en 1975 en Belgique, est un architecte paysagiste dont le parcours multidisciplinaire a nourri son approche singulière de la création d’espaces urbains innovants et durables.


En 2007, il fonde son agence à Bruxelles et a depuis réalisé plus de 50 projets à l’international, parmi lesquels le Parc des Ateliers de LUMA Arles à Arles, le Parc Tour et Taxis à Bruxelles, le Sunken Garden à Londres et l’aménagement du front de mer de Himarë en Albanie. En 2022, il remporte le prestigieux concours international pour le réaménagement de l’espace public autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris. 

Son travail se distingue par son concept de « paysages augmentés », une approche qui mobilise les processus naturels pour générer de nouveaux microclimats. Convaincu de l’importance de l’interdisciplinarité pour une conception inventive, il collabore régulièrement avec des artistes et des scientifiques.

En 2023, Bas Smets est nommé professeur à la Graduate School of Design de la Harvard University, où il poursuit ses recherches sur la transformation des environnements urbains en écosystèmes capables d’atténuer les effets du changement climatique. Sa pratique visionnaire de l’architecture du paysage ouvre de nouvelles perspectives prometteuses pour l’adaptation résiliente des villes face aux défis de la crise climatique. 

 

En vidéo :

Bas Smets et le parc de LUMA Arles

Imaginer le parc de LUMA Arles

Bas Smets est l’architecte de paysage qui a conçu le parc paysager de LUMA Arles. Pour la création du jardin, Bas Smets a imaginé la façon dont le site se serait transformé au fil des siècles comme s’il avait été laissé à l’emprise de la nature. Le Parc des Ateliers se prête idéalement à cette idée puisqu’il s’agit d’un espace initialement constitué de béton et de graviers, exclusivement minéral. Dans cette vidéo, il revient sur le processus de création pour imaginer ce parc, jusqu'à la plantation des premiers arbres.

Vivre le parc

Après quelques mois où la nature et l’art du « laisser-faire » ont pris possession du parc paysager, Bas Smets revient sur la vie qui s’est installée dans le jardin. Qu’elle soit humaine ou animale, près de l’étang, ou sur les pelouses, la nature retrouve sa place dans le parc, un lieu désormais vivant qui invite à la détente, à la découverte et à toutes sortes de loisirs.

Foire à questions sur le parc paysager

Comment arrosez-vous le parc-jardin avec le climat sec d’Arles ?

L'arrosage du parc paysager a été conçu pour éviter tout impact négatif sur l’environnement. En accord avec le syndicat des arrosants de la Crau, l'eau du canal de Craponne (qui longe la partie sud du Parc des Ateliers) est pompée. Elle est ensuite stockée dans deux citernes d'environ 1000 mètres cubes enterrées sur le site, puis filtrée grâce à un processus naturel. L’eau est ensuite reversée dans l’étang du parc paysager, d’où elle sert à l'arrosage du jardin. Par ailleurs, les eaux de pluie sont recueillies des toits des bâtiments par un système de gouttières pour alimenter les réseaux sanitaires. 

Qui possède quoi dans le parc ? Et qui finance ?

Le jardin occupe près de 4 hectares (41 800 m² exactement) de terrains appartenant soit à la société Ateliers d’Arles Immobilier dont Maja Hoffmann est l’actionnaire principale, soit à la Ville d’Arles. Les deux propriétaires ont décidé que le parc serait public, donc gratuit et ouvert à tous. Le travail de conception du parc paysager réalisé par l’architecte de paysage Bas Smets a été pris en charge par LUMA Arles sous la forme d’un don. Les travaux d’aménagement (10,3 millions d’euros) sont réalisés par l’agence AREA représentant de la Ville d’Arles à hauteur de 4 millions d’euros pour les parties publiques et par LUMA Arles pour un montant de 6,3 millions d’euros pour les parties privées. Les investissements en matériels et équipements (montant : 1,5 million d’euros) pour l’entretien du parc seront pris en charge à parts égales par la Ville et LUMA Arles. L’entretien et la gestion du jardin sont aussi assurés en collaboration par la Ville et par LUMA Arles qui ont créé à cet effet une association syndicale libre (ASL) de propriétaires. 

Combien d’arbres ont été plantés dans le parc ?

Le jardin conçu par l’architecte de paysage Bas Smets compte au total 500 nouveaux arbres : tilleuls argentés, érables de Montpellier, chênes-liège, cèdres de l’Atlas...). Le premier arbre a été planté le 19 novembre 2019, un pin parasol de 12 mètres de haut, d’un poids de 5 tonnes et âgé de près de 60 ans. Il a été rejoint par d’autres pins et des chênes verts.