Focus sur une partie de La Tour.
© Adrian Deweerdt
La Tour
La Tour a été imaginée par Maja Hoffmann avec Frank Gehry.
Architecture et design de La Tour
Frank Gehry, l'architecte de La Tour
Frank Gehry est l'une des figures majeures de l'architecture de la fin du XXᵉ et du XXIᵉ siècle.
Le style unique de Frank Gehry est marqué par des formes déconstruites, de nouvelles méthodes de conception architecturale, l'emploi de matériaux innovants ou, au contraire, l'usage de matériaux « pauvres ».
Disparu en décembre 2025 à l'âge de 96 ans, Frank Gehry a marqué l'architecture de notre temps et laisse une œuvre immense dans le monde entier.
Vincent van Gogh, les Alpilles et les arènes d’Arles : les influences de Frank Gehry pour la création de La Tour
Pour la création de La Tour, Frank Gehry s’est inspiré du patrimoine culturel et naturel d’Arles. L’esthétique singulière de Vincent van Gogh, les reliefs sculptés des Alpilles et l’architecture des arènes romaines se retrouvent dans les formes du bâtiment.

Les façades sculptées de La Tour rappellent les paysages calcaires des Alpilles, tandis que la rotonde vitrée à sa base s’inspire des arènes d’Arles.
Photo : © Rémi Bénali
La lumière de Van Gogh
La Tour présente des façades torsadées ornées de 11 000 briques martelées en acier inoxydable, chacune unique et pensée pour s’intégrer à une place précise sur la structure. Ce matériau, propre au travail de Frank Gehry, capte et restitue toutes les variations lumineuses du ciel, donnant au bâtiment un aspect en perpétuel changement.
Au rythme du soleil, les couleurs des façades de La Tour évoluent, passant d’un éclat argenté à des nuances dorées et rosées. Ce choix esthétique est un clin d’œil à la touche picturale de Vincent van Gogh qui cherchait inlassablement à capturer les subtils jeux de lumière du ciel provençal durant sa période arlésienne.
Une architecture minérale inspirée par les Alpilles
Frank Gehry a également souhaité donner au bâtiment un aspect minéral, inspiré par les paysages rocheux des Alpilles.
Sa forme et sa structure interne s’imprègnent des éléments naturels caractéristiques de cette région, notamment du Val d’Enfer près des Baux-de-Provence. Ce choix reflète l’intention de créer un lien visuel et symbolique entre La Tour et les paysages environnants, en intégrant les textures et les formes naturelles des roches pour ancrer le bâtiment dans son environnement géographique.

La Tour au coucher du soleil : ses 11 000 briques en acier inoxydable martelé captent les dernières lueurs du jour, se teintant de doré et de rose.
Photo : © Adrian Deweerdt
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La rotonde (Drum) de La Tour, inspirée par les arènes d’Arles, se présente comme un vaste espace circulaire, ouvert et baigné de lumière. D’un diamètre de 54 mètres et d’une hauteur variant de 16 à 18 mètres, elle est enveloppée de larges façades vitrées qui instaurent un dialogue constant entre intérieur et extérieur.
Photo : © Iwan Baan
Une rotonde en référence aux arènes d'Arles
Au pied de La Tour, le Drum une rotonde de verre inspirée des arènes d’Arles, offre un espace d’accueil unique pour les visiteur·euses, leur permettant d’apprécier la richesse et la diversité du travail architectural de Frank Gehry.
À la fin du VIe siècle les arènes d'Arles ont été transformées en lieu d'habitation, avec des maisons érigées à l'intérieur même de l'amphithéâtre. Frank Gehry s’est inspiré de cette configuration pour concevoir le Drum, dans le but d’évoquer un espace à la fois ouvert et chaleureux. Ainsi, l’échelle, la géométrie et l’atmosphère de cette rotonde rappellent les amphithéâtres romains.
Un dialogue entre architecture et territoire
Au sommet de La Tour, des terrasses panoramiques offrent une vue imprenable sur les paysages d’Arles, la Camargue et les Alpilles.
La Tour abrite également 53 glass boxes [Cocons de verre], suspendus à sa façade métallique, chacun orienté différemment. Vue de l’extérieur, cette disposition confère à La Tour une impression de mouvement. Depuis l’intérieur, ces "cocons de verre" dévoilent des perspectives uniques sur Arles et ses environs.

Le sommet de La Tour offre un panorama sur le centre historique d’Arles, la plaine de la Camargue, les reliefs des Alpilles et les arènes romaines en contrebas.
Photo : © Adrian Deweerdt
Que retrouve-t-on dans La Tour ?
Les espaces intérieurs de La Tour permettent différents usages, ouverts au public ou privés :
- une salle d'exposition de 1000m² nommée "Galerie Principale" propose un espace d’un seul tenant sans pilier porteur, qui répond à toutes les normes muséographiques internationales,
- deux terrasses panoramiques aux 8ᵉ et 9ᵉ étages,
- plusieurs salles d’exposition,
- un café-restaurant, le Drum Café,
- des salles d'archives,
- des espaces dédiés à l’événementiel et des salles de séminaire,
- des bureaux.
Quelques informations et chiffres clés
- Hauteur : 56 mètres
- Étages : 12 (10 niveaux)
- Façade : 11 000 briques en acier inoxydable, 53 glass boxes [Cocons de verre]
- Rotonde (Drum) :
- Diamètre : 54 mètres
- Hauteur : 16 à 18 mètres
- Poids : 670 tonnes de vitrage- Espaces intérieurs :
- 15 000 m² (dont 2 000 m² de surface exploitable aux normes muséographiques internationales pour les expositions)

La Galerie Principale de LUMA Arles est entièrement modulable et répond aux normes muséographiques internationales. Elle offre aux artistes et commissaires une liberté totale d’aménagement et d’expérimentation.
Sur cette photo, l’exposition consacrée à l’artiste Diane Arbus, Constellation, présentée en 2023 à LUMA Arles.
Photo : © Adrian Deweerdt
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La Galerie Sud accueille l’installation permanente Danny / No More Reality de l’artiste Philippe Parreno. Grâce à la diversité de ses volumes et à la modularité de ses espaces, La Tour peut présenter tout type d’œuvre et accueillir une grande variété de médiums artistiques.
Photo : © Andrea Rossetti
Des œuvres intégrées à l'architecture de La Tour
La Tour abrite plusieurs œuvres permanentes créées par des artistes :
- Isometric Slides, un double toboggan d’une hauteur de 12 mètres, réalisé par l’artiste Carsten Höller,
- Un café-restaurant, le Drum Café, conçu comme une œuvre d’art à habiter par Rirkrit Tiravanija, en collaboration avec Atelier LUMA, le laboratoire de recherche en design de LUMA Arles,
- Dans la forêt, une fresque murale monumentale en céramique, signée Etel Adnan,
- Take Your Time, un grand miroir circulaire imaginé par Ólafur Elíasson niché au sommet de l’escalier à double révolution de La Tour, dont l’architecture s’inspire du Château de Chambord,
- Laguna Gloria, un paysage sonore immersif, prenant la forme d’un jardin artificiel, créé par l’artiste Liam Gillick,
- Day Light Songs (biting the air), une œuvre intégrée aux escaliers entre les niveaux 7 et 9, à mi-chemin entre la peinture et le vitrail, conçue par Helen Marten,
- Open Space, les 8ᵉ et 9ᵉ étages, pensés comme une extension de la rue, par Konstantin Grcic.
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Dans la forêt, la fresque imaginée par l’artiste Etel Adnan, orne l'auditorium. Ce dernier accueille tout au long de l’année des événements, conférences, projections et performances.
Photo : © Adrian Deweerdt

L’escalier à double révolution de La Tour : une prouesse architecturale qui permet à deux flux de visiteur·euses de circuler sans jamais se croiser.
En écho à cet escalier, l’œuvre Isometric Slides de Carsten Höller : un double toboggan en spirale de 12 mètres de haut.
Photo : © Adrian Deweerdt
La Tour en images
© Adrian Deweerdt
© Jonathan Mauloubier


En savoir plus sur Frank Gehry, l'architecte de La Tour
« Nous voulions évoquer l’ancrage local depuis La Nuit étoilée de Van Gogh à l’émergence des blocs rocheux des Alpilles. La rotonde quant à elle fait écho aux arènes romaines. »
Frank Gehry, à propos de La Tour
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Frank Gehry, architecte de La Tour.
Photo : © Alexandra Cabri
Frank Gehry fut l’un des architectes les plus influents de sa génération. Ses réalisations, toutes iconiques, ont durablement et profondément révolutionné l’esthétique de l’architecture, sa place dans la ville, ainsi que sa capacité à réinventer l’espace urbain et à requalifier des sites ou des territoires entiers.
C’est aux côtés des artistes de la scène californienne et de ses développements contemporains les plus radicaux que Frank Gehry pensa et renouvela la pratique de l’architecture, ouvrant de nouvelles voies, étendant les moyens d’expression de l’architecte, initiant l’usage de matériaux modestes ou innovants, et révolutionnant les modes conceptuels et constructifs de la discipline.
Parmi ses projets les plus marquants figurent des équipements culturels d’envergure tels que le New World Symphony Concert Hall de Miami (Floride), le Fisher Center for the Performing Arts du Bard College à Annandale-on-Hudson (État de New York), le Signature Theatre de New York, le musée Guggenheim de Bilbao, le Jay Pritzker Pavilion et le BP Bridge du Millennium Park de Chicago, ainsi que le Walt Disney Concert Hall de Los Angeles. Il réalisa également la Fondation Louis Vuitton à Paris et le musée Guggenheim d’Abu Dhabi. Parmi ses réalisations majeures dans le domaine éducatif figurent la Loyola University Law School, le Psychiatric Institute de Yale, la Weatherhead School of Management de la Case Western Reserve University, le Stata Center du MIT et la Lewis Library de Princeton University.
Son œuvre fut récompensée par de nombreuses distinctions parmi les plus prestigieuses, dont le Prix Pritzker en 1989, le Prix Wolf de la Fondation Wolf en 1992, ainsi que le Praemium Imperiale de la Japan Art Association la même année. Il reçut également la Médaille d’or du Royal Institute of British Architects et le Lion d’or de la Biennale de Venise en 2008 pour l’ensemble de son œuvre.
Frank Gehry fonda Gehry Partners LLP, cabinet d’architecture basé à Los Angeles, spécialisé dans la conception et la construction de projets universitaires, muséaux, culturels, publics et commerciaux à travers le monde. Il fut également à l’origine de Gehry Technologies, entreprise dédiée au développement de logiciels et de services visant à concevoir des bâtiments plus performants. Diplômé en architecture de la University of Southern California en 1954, il poursuivit des études d’urbanisme à la Graduate School of Design de l’Université Harvard.
Frank Gehry, à propos de La Tour
Foire à questions sur La Tour et Frank Gehry
Est-ce qu'il y a eu un concours pour choisir l’architecte de La Tour ?
Est-ce que Frank Gehry est venu à LUMA Arles ?
Frank Gehry est venu à plusieurs reprises à Arles depuis le lancement du projet LUMA Arles en 2013. Il a étudié la ville, son architecture, son histoire et son environnement, s'inspirant à la fois des sites romains, des rochers des Alpilles et de certains tableaux peints par Vincent van Gogh à Arles.
Il est revenu à plusieurs reprises à Arles et en Camargue. Frank Gehry a notamment participé au lancement officiel du chantier de construction le 5 avril 2014 et a suivi les étapes clés de son avancement. Il a été très impliqué dans la réflexion menée par Maja Hoffmann et le Core Group de LUMA, réunis autour d’elle pour définir les contours du projet. Son travail a évolué au fil de ces échanges et réflexions, aboutissant à une vision à la fois innovante et ambitieuse pour le site du Parc des Ateliers, conçu comme une partie intégrante du tissu arlésien et camarguais.
Frank Gehry était également présent lors de l’inauguration de La Tour, le 26 juin 2021.
Combien de temps a duré la construction de La Tour ?
Le chantier a duré 7 ans. La première pierre de La Tour a été posée le 5 avril 2014. Elle a ouvert ses portes au public le 26 juin 2021.
Quels sont les autres bâtiments conçus par Frank Gehry en France ?
En 1994, Frank Gehry a conçu le siège de l’American Center à Paris, aujourd’hui devenu la Cinémathèque française. En 2014, il a signé la Fondation Louis Vuitton, un centre d’art installé dans le Jardin d’Acclimatation, au Bois de Boulogne à Paris. Sa dernière réalisation en date en France a été La Tour de LUMA Arles.
Pourquoi est-ce Frank Gehry qui a construit La Tour ?
Maja Hoffmann rencontre Frank Gehry en 2005 lors du tournage du documentaire Sketches of Frank Gehry, réalisé par l’Américain Sydney Pollack, dont elle est alors productrice associée.
Séduite par son approche pluridisciplinaire mêlant art contemporain et architecture, par la liberté de son trait et de sa pensée, ainsi que par sa vision de la création comme un processus, elle est également convaincue par ses compétences d’urbaniste et sa capacité à intégrer la ville et son tissu existant dans ses projets.
C’est ainsi qu’en 2007, dans le cadre d’un protocole conclu avec la Ville d’Arles, elle sollicite Frank Gehry pour repenser la réhabilitation de la friche industrielle du Parc des Ateliers et concevoir un nouveau bâtiment : La Tour.
Pourquoi La Tour mesure-t-elle 56 mètres ?
La Tour conçue par Frank Gehry s'élève à 56 mètres au-dessus de l'avenue Victor Hugo. À cette hauteur, elle offre une vue panoramique sur l’ensemble du centre historique d'Arles et du Rhône, mais aussi sur les paysages des Alpilles, de la Crau et de la Camargue.
Vu de l'extérieur de la ville, sa hauteur est comparable à celle des édifices du centre ancien, dont le plus élevé est le clocher du couvent des Cordeliers (aujourd’hui le collège Saint-Charles), culminant à 57 mètres. La Tour dessinée par Frank Gehry est ainsi le premier Immeuble de Grande Hauteur (IGH) construit à Arles depuis l’hôpital Joseph-Imbert, achevé en 1974.
Comment LUMA Arles a obtenu l’autorisation de construire une Tour aussi moderne dans une ville antique ?
Dotée d'un patrimoine romain et roman exceptionnel, la ville d'Arles est classée au patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO depuis plus de quarante ans. Le Parc des Ateliers est d’ailleurs situé à proximité de la nécropole des Alyscamps, l’un des principaux sites classés.
Plusieurs mesures ont été mises en place afin que la construction et la revitalisation du Parc des Ateliers ne dénaturent pas ce patrimoine historique. Avant le lancement du chantier de LUMA Arles, six mois de sondages archéologiques ont été réalisés pour s’assurer de l’absence de vestiges dans les terrains à excaver. Par ailleurs, conformément aux recommandations du ministère de la Culture et de la Communication, La Tour est invisible depuis le site des Alyscamps.
En 2013, le projet a reçu un avis favorable de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF), garant du respect et de la protection du patrimoine. Il a également obtenu le soutien des Amis du Vieil Arles, association de défense du patrimoine fondée en 1903, qui considère que La Tour constituera le patrimoine arlésien du XXIᵉ siècle. Le permis de construire, délivré par la mairie d’Arles en octobre 2013, a été accordé à la lumière de toutes ces garanties.
En revitalisant le Parc des Ateliers, il s’inscrit aussi dans une histoire plus contemporaine de la ville. Le dialogue entre le moderne et l’ancien est au cœur de la réflexion de Frank Gehry, qui s’est inspiré des sites antiques et naturels arlésiens pour concevoir un bâtiment résolument contemporain, tourné vers l’avenir.