En ce moment à LUMA Arles : David Armstrong, Liu Chuang, Maria Lassnig, Philippe Parreno et Tony Oursler

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Le parc paysager, en mai 2024.
© Victor & Simon / Grégoire d'Ablon

Le parc paysager

Porté par la vision de Maja Hoffmann, le projet confié à l'architecte de paysage Bas Smets a consisté à transformer une dalle de béton en un paysage vivant. Le résultat est un parc public où ont été plantés près de 500 arbres et des dizaines de milliers de végétaux. Un univers paysager structuré autour d’un étang, conçu pour créer un micro climat naturel.

Visitez le parc paysager avec Bas Smets

Plongez dans l’histoire et la conception du parc paysager de LUMA Arles grâce à trois balades sonores guidées par Bas Smets, architecte de paysage.

Ces parcours audio, à écouter directement depuis votre smartphone, vous invitent à découvrir le parc autrement, en retraçant les étapes de sa transformation.

Un lieu de promenade et de loisirs


Le parc public de LUMA Arles, qui s’étend sur 4 hectares, est le plus grand de la ville d’Arles.

Il a été conçu en intégrant plus de 80 000 arbres, arbustes et plantes provenant des trois biotopes voisins : la Camargue, la Crau et les Alpilles.

Le parc paysager accueille également des œuvres et des sculptures créées par des artistes :

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Depuis les airs, une partie du parc paysager dévoile des œuvres et installations d'artistes.
À gauche, les structures roses et vertes Orientation Platforms, signées par l’artiste Liam Gillick.
Sur la droite, en bordure de l’étang, l’œuvre Seven Sliding Doors Corridor (Outdoor Version)
de Carsten Höller.
Photo : © Adrian Deweerdt

La transformation d’une friche industrielle en un parc paysager

 

Le défi était de taille : comment transformer une immense dalle de béton stérile en un parc verdoyant ?

Le site du Parc des Ateliers, où est installé LUMA Arles, était un terrain aride, presque désertique. Creusé dans la roche et abritant des vestiges de l'ancienne nécropole romaine des Alyscamps, le Parc des Ateliers était recouvert d’une dalle artificielle bétonnée, sans connexion avec la terre, ce qui rendait toute vie impossible.

Ce lieu était à l'opposé d'un parc : un espace figé, où la nature ne pouvait pas se développer.

Créer un écosystème plutôt qu’un simple jardin

Pour chaque projet, Bas Smets commence par étudier le sol et le terrain. Il s’interroge sur l’évolution du paysage : comment il était dans le passé, et quel pourrait être le paysage caché sous celui qu’on voit aujourd’hui ?  

Dans le cas du parc paysager de LUMA Arles, il cherche à comprendre les processus qui influenceront l’environnement : où le sable pourrait s’accumuler, quelles plantes pourraient se développer, ou encore où le mistral pourrait créer un étang. 

Il a commencé par étudier la végétation urbaine, la “boucle d’arbres” des boulevards arlésiens. Puis il a analysé comment le soleil, le vent, la terre ont façonné les paysages des environs: les Alpilles, la Camargue, la Crau.

À partir de ces paramètres, Bas Smets et son équipe ont modélisé l’action de la nature pour imaginer comment faire apparaître un paysage sur la dalle du Parc des Ateliers.

La terre extraite pour creuser les fondations de La Tour a été utilisée pour créer des collines, dont la forme a été conçue en fonction de l’action du vent. Enfin est venu le temps de planter arbres, arbustes, plantes. Les variétés et les emplacements ont été choisis en anticipant l’évolution naturelle et en imaginant le site dans cent ans ou dans mille ans.

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À l’été 2018, avant la métamorphose d'une partie du site en parc paysager, la dalle de béton recouvrant l’ancienne nécropole des Alyscamps dominait encore le paysage du Parc des Ateliers.
Photo : © Victor & Simon

De la nécropole des Alyscamps au Parc des Ateliers

Au temps de la nécropole romaine 

Dès la fin du Ier siècle av. J.-C. se construit à Arles le long de la voie Aurélienne la nécropole des Alyscamps.

Si elle n’accueille en premier lieu que des incinérations dans sa partie la plus ancienne, près des remparts, on constate au cours des siècles suivants une extension de la nécropole vers le sud-est, jusqu’à l’emplacement actuel de l’église Saint-Honorat, où fut inhumé au III siècle selon la tradition le martyr arlésien Genest. De très nombreux sarcophages en pierre, simples ou ouvragés, témoignent de l’histoire de ce cimetière païen puis chrétien resté en usage jusqu’au XV siècle. 

La construction du Parc des Ateliers et son déclin en friche industrielle 

Au milieu du XIXᵉ siècle est entamée à Arles la construction du Parc des Ateliers par la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) à l’emplacement d’une partie de la nécropole antique des Alyscamps.

Les travaux commencent en 1844 avec l’aplanissement à la dynamite de la parcelle à construire (de nombreux sarcophages en pierre sont excavés, ensevelis ou détruits à cette occasion). Toute la surface du site est ensuite recouverte par une dalle en béton afin de faciliter l’implantation des bâtiments et la circulation des locomotives. 

La compagnie, principal employeur de la ville d’Arles jusqu'aux années 30, ferme en 1984 après le déclin lié aux évolutions technologiques. Après de nombreux incendies dans les années 1985 et 1986, le site devient une friche industrielle.  

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L'Église Saint-Honorat aujourd'hui, située au cœur de la nécropole antique des Alyscamps.
Photo : © Victor & Simon / Victor Picon

Un nouvel horizon pour le Parc des Ateliers

Le lancement de LUMA Arles et la construction du parc paysager

À l’automne 2007, Maja Hoffmann annonce un projet ambitieux qui vise à transformer le Parc des Ateliers en campus culturel d’un nouveau type. Elle choisit l’architecte Frank Gehry pour concevoir La Tour.

Elle confie à un jeune paysagiste belge la conception et la réalisation d’un parc-jardin. Bas Smets, né en 1975, vient de fonder son agence à Bruxelles.

Il découvre Arles en 2009. Suivront des années de réflexions et d’échanges pour finaliser un projet, dont les étapes successives seront présentées aux Arlésiens.

En 2017, les premiers essais démarrent.

“Le site est unique, nous n’avons pas de modèle à suivre, nous sommes toujours dans l’expérimentation. C’est ce que voulait Maja Hoffmann au départ : créer un micro-climat et expérimenter la cohabitation entre végétaux, animaux et humains. Mais aussi la cohabitation entre des usages différents : la visite d’expositions, la simple promenade en famille, les jeux d’enfants, etc.”
Bas Smets (Arles Magazine #6, hiver 2022-2023)

 

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Premiers essais du parc paysager au Parc des Ateliers, à l'été 2017.
Sous la direction de l'architecte de paysage Bas Smets, cette phase expérimentale visait à tester la résistance des plantations, arbres, sols et végétaux, aux conditions climatiques arlésiennes.

Photo : © Victor & Simon / Victor Picon

Un parc inspiré par la Camargue, la Crau et les Alpilles 


Pour concevoir le parc paysager de LUMA Arles, Bas Smets s’inspiré des trois paysages uniques qui entourent la ville : le delta de Camargue, le massif des Alpilles et la steppe de Crau.

Chacun de ces biotopes se retrouve dans la géographie du parc paysager, des courbes au choix des essences. Plus de cinq cents arbres ont été plantés : pins parasols, chênes verts, arbousiers, érables, peupliers blancs, saules, aulnes, micocouliers, etc.

La subtile répartition des espaces entre collines et étang, a été pensée pour toutes les saisons. 

En concentrant les trois biotopes de la région, le parc paysager a inventé en accéléré un nouveau paysage hybride et compressé. Une création humaine inspirée et portée par son environnement, dans le respect des lois de la nature.


L’étang, un outil climatique pour le parc paysager 

La croissance de la végétation du parc paysager est rendue possible par un système de circulation d’eau durable qui puise sa source dans le Canal de Craponne, construit entre la Durance et le Rhône au XVIᵉ siècle pour favoriser l’agriculture, et situé à proximité du Parc des Ateliers.

Gentilhomme de la Renaissance, Adam de Craponne (1526-1576) a conçu le canal qui porte son nom pour irriguer les terres agricoles du Pays d’Arles avec l’eau de la Durance. Aujourd'hui, son dispositif alimente la végétation du parc paysager de LUMA Arles et l’étang.

Cette pièce d’eau de 2 500 m² sert de réservoir pour l'irrigation mais aussi de climatisation naturelle. L’évaporation naturelle refroidit l'air ambiant. La brise se rafraîchit en passant au-dessus de l’étang.

Le microclimat ainsi créé a provoqué le retour rapide du monde animal dans le parc : des grenouilles aux oiseaux migrateurs en passant par les abeilles. Les chercheurs de la station biologique de la Tour du Valat sont chargés de suivre l'évolution de la biodiversité sur le site.

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Les Marais du Vigueirat, en Camargue.
Photo : © Joana Luz / Victor Picon

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L'étang du Parc des Ateliers.
Photo : © Adrian Deweerdt

Informations et chiffres clés du parc paysager

Accueillant, vert, vivant : ce nouveau parc public est le fruit de plusieurs années de travaux portés par LUMA Arles et la collectivité.

Quelques repères chiffrés permettent de mieux comprendre l’ampleur du projet.

Prix et distinctions du parc paysager de LUMA Arles 


En 2021, le parc paysager a été nominé dans la catégorie "Espaces publics et paysagers" de l’Équerre d’argent, un prix d’architecture. 

En 2024, le parc paysager a reçu le Grand Prix du Jury 2024 lors des Victoires du Paysage, un événement organisé par Valhor, l’organisation interprofessionnelle de l'horticulture.

En 2025, le parc paysager s’est illustré sur la scène européenne du paysage et du végétal urbain en remportant la médaille d’argent aux Green Cities Europe Awards. Sélectionné par un jury international d’experts, le Parc des Ateliers a été distingué pour la qualité de sa conception paysagère, son impact environnemental et sa contribution à des espaces urbains plus résilients, inclusifs et agréables à vivre.

 

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Un visiteur à l'ombre d'un pin parasol (Pinus pinea). 
Photo : © Adrian Deweerdt

Le parc paysager en images

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© Adrian Deweerdt
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© Adrian Deweerdt
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© Iwan Baan
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© Adrian Deweerdt
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© Adrian Deweerdt
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© Adrian Deweerdt
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© Rémi Bénali
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© Adrian Deweerdt

En savoir plus sur Bas Smets, l'architecte de paysage


« Planter des arbres, c’est croire au futur »
Citation de Bas Smets, lors d'un entretien avec Maja Hoffmann, en 2021

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Bas Smets dans le parc paysager, à LUMA Arles, en 2021.
Photo : © Adrian Deweerdt

Bas Smets, né en 1975 en Belgique, est un architecte paysagiste dont le parcours multidisciplinaire a nourri son approche singulière de la création d’espaces urbains innovants et durables.


En 2007, il fonde son agence à Bruxelles et a depuis réalisé plus de 50 projets à l’international, parmi lesquels le Parc des Ateliers de LUMA Arles à Arles, le Parc Tour et Taxis à Bruxelles, le Sunken Garden à Londres et l’aménagement du front de mer de Himarë en Albanie. En 2022, il remporte le prestigieux concours international pour le réaménagement de l’espace public autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris. 

Son travail se distingue par son concept de « paysages augmentés », une approche qui mobilise les processus naturels pour générer de nouveaux microclimats. Convaincu de l’importance de l’interdisciplinarité pour une conception inventive, il collabore régulièrement avec des artistes et des scientifiques.

En 2023, Smets est nommé professeur à la Graduate School of Design de la Harvard University, où il poursuit ses recherches sur la transformation des environnements urbains en écosystèmes capables d’atténuer les effets du changement climatique. Sa pratique visionnaire de l’architecture du paysage ouvre de nouvelles perspectives prometteuses pour l’adaptation résiliente des villes face aux défis de la crise climatique. 

 

Foire à questions sur le parc paysager

Comment arrosez-vous le parc-jardin avec le climat sec d’Arles ?

L'arrosage du parc paysager a été conçu pour éviter tout impact négatif sur l’environnement. En accord avec le syndicat des arrosants de la Crau, l'eau du canal de Craponne (qui longe la partie sud du Parc des Ateliers) est pompée. Elle est ensuite stockée dans deux citernes d'environ 1000 mètres cubes enterrées sur le site, puis filtrée grâce à un processus naturel. L’eau est ensuite reversée dans l’étang du parc paysager, d’où elle sert à l'arrosage du jardin. Par ailleurs, les eaux de pluie sont recueillies des toits des bâtiments par un système de gouttières pour alimenter les réseaux sanitaires. 

Qui possède quoi dans le parc ? Et qui finance ?

Le jardin occupe près de 4 hectares (41 800 m² exactement) de terrains appartenant soit à la société Ateliers d’Arles Immobilier dont Maja Hoffmann est l’actionnaire principale, soit à la Ville d’Arles. Les deux propriétaires ont décidé que le parc serait public, donc gratuit et ouvert à tous. Le travail de conception du parc paysager réalisé par l’architecte de paysage Bas Smets a été pris en charge par LUMA Arles sous la forme d’un don. Les travaux d’aménagement (10,3 millions d’euros) sont réalisés par l’agence AREA représentant de la Ville d’Arles à hauteur de 4 millions d’euros pour les parties publiques et par LUMA Arles pour un montant de 6,3 millions d’euros pour les parties privées. Les investissements en matériels et équipements (montant : 1,5 million d’euros) pour l’entretien du parc seront pris en charge à parts égales par la Ville et LUMA Arles. L’entretien et la gestion du jardin sont aussi assurés en collaboration par la Ville et par LUMA Arles qui ont créé à cet effet une association syndicale libre (ASL) de propriétaires. 

Combien d’arbres ont été plantés dans le parc ?

Le jardin conçu par l’architecte de paysage Bas Smets compte au total 500 nouveaux arbres : tilleuls argentés, érables de Montpellier, chênes-liège, cèdres de l’Atlas...). Le premier arbre a été planté le 19 novembre 2019, un pin parasol de 12 mètres de haut, d’un poids de 5 tonnes et âgé de près de 60 ans. Il a été rejoint par d’autres pins et des chênes verts.